Texte : Claude-Alain Ferrière

C’est le 24 février 1983 que Peugeot lançait sa célèbre citadine 205. S’il n’y paraissait pas alors, ce modèle à fait entrer Peugeot dans l’ère moderne, que ce soit en matière de produit, de marketing ou de sport automobile.

C’est Jean Boillot, membre du directoire Peugeot à la fin des années 70, qui porte le projet alors que Peugeot traverse une période difficile : proposer une petite voiture qui se veut plus qu’une citadine, aussi à l’aise en ville que sur la route, polyvalente, capable de transporter une petite famille tout en restant abordable.

Alors que le design des précédentes Peugeot sortait des bureaux de Pininfarina, ce sont les stylistes maison sous la houlette de Gérard Welter qui emporte le concours organisé en interne, avec quelques éléments que l’on retrouve sur de futures Peugeot, comme la calandre à barres horizontales ou le bandeau entre les feux arrière.

C’est la première voiture de la marque qui adopte des barres de torsions à l’arrière afin de dégager plus d’espace dans l’habitacle. C’est également la 205 qui inaugure la famille de moteurs XU et notamment le XUD7, un 4 cylindres 1’769 cm3 de 60 ch, qui en fait la première petite voiture française diesel, proposant des performances comparables aux versions essence mais avec une consommation bien moindre (3.9 l/100 km).

Au fil des ans, la gamme s’étend, avec des motorisations allant de 40 à 200 ch pour la Turbo 16 proposée dès 1984. La mythique 205 GTI avec une carrosserie 3 portes est proposée la même année dans une version 1.6 l.

C’est la publicité qui l’affuble du surnom « Sacré numéro » qui s’avérera un axe publicitaire efficace au fil des ans, avec des réalisations spectaculaires comme la poursuite à la James Bond sur un lac gelé, certains s’en souviennent sans doute.

Le sport automobile sera également un axe de promotion important pour la 205, avec l’impressionnante 205 Turbo 16 qui s’aligne dès 1984 en Groupe B sous la houlette de Jean Todt et avec le célèbre pilote Ari Vatanen. L’auto rafle les titres constructeur 1985 et 1986 ainsi que les titres pilotes avec Timo Salonen (1985) et Juha Kankkunen (1986). Après la disparition du Groupe B fin 1986, Peugeot se tourne vers le Paris-Dakar où l’auto rencontre le même succès avec les victoires en 1987 (Ari Vatanen) et 1988 (Juha Kankkunen).

C’est en 1998, après une carrière de 15 ans et 5’278’050 exemplaires produits, que la Peugeot 205 est remplacée par la 206.

Pour cette année anniversaire, le musée Peugeot à Sochaux propose une vaste exposition dédiée à la 205 avec une dizaine de modèles du Sacré numéro. Du côté de la rédaction de Timeless Addict, nous vous proposerions bien un essai complet d’une 205 GTI, voir d’une Turbo 16 s’il faut pousser un peu le rêve. Donc si un heureux propriétaire est disposé à nous prêter sa voiture, qu’il prenne contact avec nous.